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lundi 26 janvier 2015

L'EI chassé de Kobané, les Kurdes de Syrie en liesse

Une atmosphère de liesse régnait lundi dans les régions kurdes de Syrie après l'éviction du groupe djihadiste Etat islamique (EI) de la ville de Kobané, sa défaite la plus cuisante en Syrie.

Cet échec intervient le jour même où un responsable militaire en Irak annonçait que la province de Diyala, dans l'est du pays, était libérée du groupe extrémiste.

"Kobané libéré, félicitations à l'Humanité, au Kurdistan et au peuple de Kobané", a tweeté dans l'après-midi Polat Can, un porte-parole des YPG (Unités de protection du peuple kurde), la milice qui défend la ville.

Plus tôt, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) avait affirmé que les Kurdes contrôlaient "totalement" Kobané, cette petite ville frontalière de la Turquie devenue le symbole de la résistance à l'EI depuis que les djihadistes y ont lancé un vaste assaut le 16 septembre.

Dans les régions à majorité kurdes en Syrie, des foules sont descendues dans les rues pour célébrer cette victoire, certains dansant, d'autres tirant en l'air en signe de joie, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les djihadistes en fuite

Les YPG "ont chassé tous les combattants de l'EI", a précisé l'OSDH qui dispose d'un large réseau en Syrie.

"Il n'y a plus de combats dans la ville et les djihadistes se sont repliés dans les environs de Kobané", a précisé son directeur Rami Abdel Rahmane à l'AFP.

Cette victoire annoncée à Kobané (Aïn al-Arab en arabe) fait suite à plus de quatre mois de violents combats menés par les forces kurdes avec le soutien prépondérant des frappes quotidiennes de la coalition internationale.

Mustefa Ebdi, militant kurde de Kobané, a affirmé à l'AFP que "toute Kobané a été libérée" et que les "combats ont cessé".

D'après lui, la bataille visait désormais à "libérer les environs de la ville", où l'EI contrôle encore plusieurs dizaines de villages.

A l'extrémité est de la ville, les forces kurdes avançaient "prudemment (...) par peur des mines et des voitures piégées", selon le militant. "Des combattants de l'EI ont été vus en train fuir sur des mobylettes de Maqtala, ils n'ont opposé aucune résistance".

Les combats ont fait plus de 1.600 morts, dont plus de 1.000 dans les rangs djihadistes depuis la mi-septembre, selon un nouveau bilan de l'OSDH.

Le revers à Kobané porte un coup d'arrêt à l'expansion territoriale que l'EI mène en Syrie depuis son apparition dans le conflit en 2013, estiment des experts.

"C'est un coup dur pour l'EI et ses projets" d'expansion. "Malgré toutes leurs armes sophistiqués et leurs combattants, ils n'ont pas pu prendre la ville", a souligné Mutlu Civiroglu, spécialiste de la question kurde basé à Washington.

Les forces kurdes, au départ sous-équipés, ont réussi à prendre l'avantage grâce à l'appui crucial de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, qui a fait de Kobané une priorité depuis le début des frappes aériennes en Syrie le 23 septembre.

Dix-sept frappes y ont été encore menées entre dimanche soir et lundi matin sur des positions des djihadistes, selon le Commandement de la coalition.

L'EI chassé de Diyala

En Irak, les forces armées sont en contrôle total de toutes les villes, districts et cantons de la province de Diyala, dans l'est, a indiqué le général Abdelamir al-Zaïdi.

Grâce à la campagne de frappes qu'elle mène depuis août, la coalition estime avoir stoppé l'avancée de l'EI en Irak, mais les djihadistes conservent pour l'instant l'essentiel de leurs positions, notamment Mossoul, la deuxième ville du pays.

Par ailleurs, le président syrien Bachar al-Assad a dénoncé dans un entretien à une revue américaine le plan des Etats-Unis d'entraîner ses ennemis rebelles pour combattre l'EI, estimant qu'il s'agissait d'une chimère.

Pour Assad, ces rebelles sont une force "illégale" et seront traités par l'armée comme les autres insurgés, qualifiés de "terroristes" depuis le début de la révolte en 2011 contre son régime.

Washington, qui soutient l'opposition syrienne depuis le début de la révolte il y a quatre ans, entend former au Qatar, en Arabie saoudite et en Turquie plus de 5.000 rebelles triés sur le volet afin de combattre l'EI.​

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