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mardi 10 mars 2015

Attentats islamistes en Europe

Je ne crois pas du tout aux larmes de crocodiles et aux mines contrites des leaders européens sur l’antisémitisme alors qu’ils financent par milliards – avec l’argent de leurs contribuables – les ONG de la haine contre Israël et contre le peuple juif qu’ils tentent de détruire de l’intérieur en corrompant des Israéliens et des juifs. Ils s’indignent de l’émigration de leurs concitoyens juifs quand ils ont tout fait pour créer la culture antisémite/antisioniste actuelle. En fait ils veulent les empêcher d’aller en Israël pour ne pas irriter leurs alliés arabes.
Pour pallier les déficiences des analyses géopolitiques et à l’indigence du débat d’idée des grands médias, nous avons demandé à notre amie Bat Ye’or, historienne et spécialiste de l’histoire de la dhimmitude des chrétiens et des juifs dans le Moyen Orient islamique, de porter son regard sur les récents attentats qui ont déchiré la France et le Danemark.
Pour rappel, et selon l’analyse de Bat Ye’or, la dhimmitude ne peut se comprendre que dans le cadre du djihad – Jean-Patrick Grumberg
Les accords Eurabia ont-ils été rompus unilatéralement par les musulmans ?
Qu’est-ce que vous entendez par « accords Eurabia » ? Si ce sont des documents officiels ponctuels signés entre chefs d’Etat, ces accords n’existent que partiellement et sont relatifs à Israël. Pour simplifier, Eurabia représente deux stratégies connexes et inséparables conçues par l’Europe avec ses partenaires de la Ligue arabe: 1) la création de la Palestine qui remplacera Israël, et 2) le projet méditerranéen de fusion euro-arabe, projet fondateur d’une civilisation commune méditerranéenne. Les deux stratégies sont liées.
Ces accords euro-arabes concernant Israël cités dans mon livre Eurabia*, sont :
Bruxelles 6 novembre 1973 résolution conjointe de la CEE.
Copenhague 15 décembre 1973, sommet de la CEE entérinant son alignement sur les conditions énoncées par le VIe Sommet arabe tenu à Alger le 26-28 novembre 1973 soit : recul d’Israël sur les lignes de 1949, reconnaissance de la Palestine avec Jérusalem comme capitale arabe, reconnaissance d’Arafat comme seul représentant de la Palestine, arrêt du soutien militaire et économique de l’Europe à Israël.
New York, Assemblée générale de l’ONU 26 septembre 1977, déclaration d’Henri Simonet, ministre belge des Affaires étrangères et président du Conseil de la CEE énonçant la position des Neufs conforme à celle de la Ligue Arabe.
Venise, 13 juin 1980, Déclaration du Conseil européen sur le Moyen-Orient qui entérine toutes les exigences arabes et impliquent l’Europe dans un processus pro-palestinien et anti-israélien.
Des sanctions contre Israël pour l’obliger à remplir les promesses faîtes par les Européens aux peuples arabes
Ces accords sont les premiers et postulent la position de l’Europe, d’autres suivirent. Or une lettre du 10/12 2010 adressée par d’anciens leaders, ambassadeurs et fonctionnaires de l’UE exhorte leurs remplaçants actuels à contraindre Israël par tous les moyens pour qu’il exécute les obligations pris par les Européens envers les Arabes relatives au territoire israélien, à sa population et à sa capitale. Ceci indique que l’UE, non seulement a adopté une position anti-israélienne dans un conflit qui ne la concernait pas, mais s’est engagée directement auprès de ses partenaires arabes à obliger Israël à s’exécuter. (usmep.us/2010-12-10-EFLG-letter-to-EU.pdf). Ces réclamations des pays arabes envers l’Europe ressortent de nombreux documents que j’ai examinés.
La stratégie du projet méditerranéen relève d’une autre structure. Il n’y a pas « d’accords» stricto sensu.
Elle consiste en un ensemble de lobbies et de réseaux officieux regroupant des parlementaires représentant tous les partis européens de la gauche à la droite, et leurs collègues arabes délégués par les parlements arabes. Ces parlementaires arabes et européens travaillaient ensemble dans divers comités spécifiques sous la double présidence de la Commission européenne et de la Ligue arabe. Michel Jobert, ministre français des Affaires étrangères nomma cette structure en 1974 le Dialogue euro-arabe. Saleh A. al-Mani, professeur saoudien à l’université King Saoud, la définit comme « une diplomatie associative » titre de son livre édifiant : The Euro-Arab Dialogue: A Study in Associative Diplomacy* (1983).
Ces réseaux établirent les fondations de la civilisation euro-arabe basée sur l’immigration, le multiculturalisme et l’antisionisme
Dès 1974 ces réseaux établirent au niveau européen et dans tous les secteurs d’activités les fondations idéologiques, politiques, culturelles, économiques, médiatiques, universitaires de la civilisation euro-arabe méditerranéenne basée sur l’immigration, le multiculturalisme et l’antisionisme. Une profusion de documents attestent l’existence et les activités de ces réseaux efficaces jusqu’à aujourd’hui. Le Dialogue euro-arabe, le Processus de Barcelone (1995), la Fondation Anna Lindh (2003), le Parlement euro-méditerranéen, l’Union méditerranéenne, Medea et bien d’autres instruments financiers, culturels et stratégiques démontrent l’existence de cette politique. Eurabia est tout cet ensemble qui repose sur un nombre très variés de documents.
Un projet antisémite sorti des cartons du nazisme
Cette politique fut conçue par la France dans les années 60. Après plusieurs années d’efforts infructueux pour y associer les pays de la Communauté Européenne rebutés par ce projet antisémite sorti des cartons du nazisme, la France obtint l’adhésion à son projet en 1973. Sous les coups de boutoir du terrorisme international palestinien et du terrorisme économique de la Ligue arabe qui menaçait de boycott tout pays ami d’Israël, les neuf pays de la Communauté européenne adhérèrent à la politique française.
Un nouveau facteur est apparu : l’Etat islamique qui s’inscrit dans la pérennité théologique et juridique du jihad
Pour répondre à votre question, si « les musulmans ont rompu les accords », mot confus dans ce contexte, je ne le crois pas. Un nouveau facteur est apparu : l’Etat islamique qui s’inscrit dans la pérennité théologique et juridique du jihad et de la guerre contre les mécréants.
Compte tenu qu’il n’y a jamais eu un aggiornamento théologique de l’islam et que les pays musulmans ont reconnu dans la charte de l’OCI (2008) s’enraciner dans les principes de l’islam, on doit pour comprendre la situation de l’Europe, l’interpréter selon le cadre juridique et idéologique dans lequel la situe le jihad qui n’a jamais été abrogé. On pourrait dire qu’Eurabia instaurait un état de trêve conditionnelle qui n’excluait pas le terrorisme pour obliger l’Europe à exécuter à la fois ses obligations contre Israël, et sur le plan intérieur la promotion de l’immigration musulmane, clé de voûte du projet méditerranéen.
Maintenant, l’Europe et l’Amérique ont donné un coup de pied dans la fourmilière, prodigué des armes aux islamistes qu’elles ont poussé à la rébellion contre les anciens dictateurs. L’Ummah a éclaté en tribus et clans hostiles les uns aux autres et manipulés par les financiers de la guerre.
La présence en Europe de millions d’immigrants qui refusent de s’intégrer et affiliés à leur pays d’origine importera en Europe les conflits et les divisions de ces pays
Dans certaines régions, il n’y a plus d’Etats, les frontières héritées de la colonisation après la Ier Guerre mondiale n’existent plus. L’Etat islamique qui règnent sur ces régions agit conformément aux règles du jihad, il se considère en guerre contre les Etats occidentaux qui combattent les mouvements islamistes en Afrique et au Levant. Il a donc ordonné à ses cellules dormantes en Europe de tuer ses citoyens et de les terroriser. Cela n’a rien à voir avec une soi-disant discrimination sociale de racistes blancs. Il est clair que la présence en Europe de millions d’immigrants qui refusent de s’intégrer et affiliés à leur pays d’origine importera en Europe les conflits et les divisions de ces pays.
Ont-ils perdu le contrôle de leurs éléments les plus radicaux qui déclenchent des attentats « spontanés » ?
Ces éléments obéissent à l’Etat islamique.
Mais on ne peut s’empêcher de penser que peut-être d’autres pressions utilisent le terrorisme pour obtenir de l’Europe les atouts qui ont toujours été exigés par la terreur depuis les années 1960 :
la reconnaissance de la Palestine obtenue de plusieurs états européens sous une très forte menace terroriste ;
l’aggravation des sanctions en Europe contre l’islamophobie et un renforcement de la censure culturelle contre la liberté d’opinion ;
une plus grande représentativité musulmane à des postes politiques importants et dans les médias. Cet argument d’ailleurs a été repris par la presse et des politiciens pour exonérer les coupables, culpabiliser la société européenne et promouvoir une plus forte influence islamique à tous les niveaux sociaux. Ce sont des demandes constantes formulées par l’Organisation de la Coopération Islamique.
Est-ce l’effet de la division entre l’Etat islamiste et les pays du « statut quo » qui rejailli sur des musulmans incontrôlés nés en Europe, et dans ce cas l’avenir proche promet d’être cauchemardesque ?
Les musulmans d’Europe ne sont pas incontrôlés. Les terroristes sont organisés et agissent rationnellement dans la logique du jihad et du dar al-Harb. Ce sont les Européens et leurs leaders qui sont fautifs d’ignorer leurs principes et leurs croyances.
La division est devenue un chaos de guerres et de barbarie qui n’épargnent personne. Mais les musulmans d’Europe ne sont pas incontrôlés. Les terroristes sont organisés et agissent rationnellement dans la logique du jihad et du dar al-Harb. Ce sont les Européens et leurs leaders qui sont fautifs d’ignorer leurs principes et leurs croyances. Ces leaders ont fait preuve de leur incroyable incompétence pour n’avoir pas prévu ce désastre en s’étant installés dans le déni depuis quarante ans alors qu’ils ont l’obligation d’assurer la sécurité de leurs concitoyens.
S’agit-il d’un prélude pour exiger de l’Europe plus de soumission, plus d’acceptation de l’Islam, et un rejet plus offensif d’Israël ?
Oui c’est exactement cela, et les concessions ont déjà commencé.
En fait ils veulent empêcher les juifs d’aller en Israël pour ne pas irriter leurs alliés arabes
Je ne crois pas du tout aux larmes de crocodiles et aux mines contrites des leaders européens sur l’antisémitisme alors qu’ils financent par milliards – avec l’argent de leurs contribuables – les ONG de la haine contre Israël et contre le peuple juif qu’ils tentent de détruire de l’intérieur en corrompant des Israéliens et des juifs. Ils s’indignent de l’émigration de leurs concitoyens juifs quand ils ont tout fait pour créer la culture antisémite/antisioniste actuelle. En fait ils veulent les empêcher d’aller en Israël pour ne pas irriter leurs alliés arabes.
Comment analysez-vous le futur ?
Catastrophique pour tout le monde. L’UE ne changera pas de politique, elle s’est trop engagée pour reculer. Elle a menée trois politiques parallèles et connexes :
l’affaiblissement d’Israël pour lui substituer la Palestine qu’elle a soutenue, financée et formée dans ce but
la destruction des nations européennes pour construire l’UE
la construction de la civilisation euro-méditerranéenne, c’est-à-dire euro-arabe par l’immigration, la mixité des populations, la suppression du judéo-christianisme afin de rendre les populations européennes islamo-compatibles.
Eventuellement l’UE pourrait mener des actions militaires contre Israël si la campagne BDS qu’elle préconise et soutient en sous-main s’avérait insuffisante.
Et avec cela, comme si ce n’était pas assez, Obama pousse à la confrontation avec la Russie, rêvant de recréer la guerre en Europe et le chaos qu’il a semé dans les pays musulmans.

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